Carnet d'expédition

Préparation transpacifique

Après un mois à terre, il était temps de rentrer au bateau. Nous retournons donc à Golfito accompagné de nos amis Costa Ricain pour passer une nuit au bord du valeureux Noddi.

À notre arrivée, les émotions sont présentes : joie, émerveillement, fierté… Nous pouvons enfin partager notre vie si différente à Christopher et Lorena. Il faut bien se rendre compte que l’expérience est hors du commun pour eux; Lorena ne sait même pas nager ! Nous passons donc la journée avec eux à leur expliquer comment nous vivons à trois dans 25m². Nous rangeons aussi le café dans un coin protégé dans le bateau, c’est-à-dire sous mon lit.

Le soir, Lorena nous cuisine de délicieux poissons. Comme quoi, que ce soit sur la terre ou en mer, une super cuisinière reste une super cuisinière. Le lendemain, ils repartent dans la matinée et nous nous retrouvons seul avec Lucas.

Léo et Lorena prennent la pose

Nous passons donc aux choses sérieuses. Traverser le Pacifique est une autre paire de manches que l’Atlantique et ne s’improvise pas. Déjà, la traversée se fait en deux temps : un premier voyage jusqu’aux Iles Marquises puis un second jusqu’en Nouvelle-Calédonie.

Pourquoi en deux temps ?

Car l’océan Pacifique est trois fois plus grand que l’Atlantique et que sinon nous n’aurions pas assez de nourriture ni d’eau pour traverser. C’est aussi car le temps total de traversée est de deux mois et demi et que faire une première pause aux Marquises, après un mois et demi de mer nous semble obligatoire.

Donc, comment se prépare une traversée ? Pour nous, ça aura commencé par écoper le bateau… En effet, lorsque nous étions à terre, nous avions laissé les hublots ouverts et malheureusement, un orage tropical a éclaté. Nous sommes donc à terre, impuissants, à voir le bateau se faire remplir. Après les 4 heures de pluie intense, nous nous rendons compte de l’ampleur des dégâts… Tous les fonds de cale sont remplis, les affaires trempées, la nourriture mouillée, … Nous sommes dépités ! Nous passerons donc une soirée et le lendemain matin à tout nettoyer. Le bon côté des choses c’est que le bateau est propre !

Fort de cette expérience, nous ne nous ferons pas ravoir. Chaque jour, nous allons à terre pour travailler sur Jybe et nous fermons tout hermétiquement et, chaque jour, une très grosse pluie s’abat sur Golfito.

Les éclairs tombent juste à côté de la ville, le vent est si fort que les parasols du restaurant s’arrachent et nous ne voyons plus ce qui se trouve derrière le rideau d’eau. Cela signifie aussi qu’à chaque fois, nous devons écoper l’annexe qui n’est pas abritée au port.

Mais revenons aux faits: comment préparer une traversée du Pacifique ? Ça se fait en trois gros blocs :

  • Préparation technique du voilier;
  • Ravitaillement;
  • Travail associatif.

Nous commençons donc par la partie associative avec Lucas. Nous prenons contact avec la Nouvelle-Calédonie, nous relançons les contacts français, Lucas travaille sur le site web et les partenariats à venir… Cela nous prend tout de même quelques jours. À force d’aller au restaurant de la Marina pour travailler, nous avons l’impression de faire partie du décor : on nous appelle par nos prénoms, les serveurs connaissent nos habitudes, …

Téléchargement des cartes marines pour la traversée

Ensuite, nous commençons le ravitaillement en faisant des bocaux. Parce que le pâté c’est bon, nous nous transformons en charcutier et faisons les premiers pâtés de porc et foie-de-bœuf cuvée spéciale Noddi !

Le 3 avril, Emilien rentre enfin au bateau. Quelle joie ! Nous sommes comme des enfants heureux. Ça fait du bien de se retrouver à trois après autant de temps séparé. L’équipe est au complet et les choses sérieuses commencent.

Lucas continue le travail administratif et les partenariats pour Jybe, tandis qu’Emilien prépare le voilier pendant que j’installe des équipements électriques. Nous faisons aussi l’inventaire de la nourriture présente histoire de faire un ravitaillement efficace.

Le départ se rapproche mais nous sommes de plus en plus prêts. L’expérience de l’Atlantique nous a bien servis et nous évitons les pièges dans lesquels nous étions tombés. 

L’envie de partir se fait aussi sentir. Nous savons ce qui nous attend de l’autre côté et nous avons hâte d’y être. Nous savons que cette traversée sera la plus longue et la plus éprouvante mais nous sommes prêts. Nous avons téléchargé des tonnes de musique, de podcasts et de films en tout genre. J’ai l’envie que cette traversée soit terminée comme lorsque l’on doit faire quelque chose de désagréable; hâte que ce soit terminé.

Point de vue du port — Marina Bahia Golfito

Nous partons maintenant dans quelques jours, place à l’aventure ! Grâce à Lucas, nous pourrons normalement continuer d’envoyer des hebdos en mer, donc à très vite ! En plein Pacifique.

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