{"id":1881,"date":"2022-06-27T03:59:51","date_gmt":"2022-06-27T03:59:51","guid":{"rendered":"https:\/\/jybe.fr\/?p=1881"},"modified":"2022-10-20T03:32:31","modified_gmt":"2022-10-20T03:32:31","slug":"transpacifique-partie-2-semaine-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/jybe.fr\/en\/transpacifique-partie-2-semaine-1\/","title":{"rendered":"Transpacifique Partie 2 &#8211; Semaine 1"},"content":{"rendered":"<div class=\"postie-post\">| ARTICLE SANS MISE EN PAGE ENVOY\u00c9 DEPUIS L\u0092OC\u00c9AN PACIFIQUE |<\/p>\n<p>Encore une fois, nous revoil\u00e0 au milieu de nul part. N\u00e9anmoins, apr\u00e8s tant de p\u00e9rip\u00e9ties \u00e0 terre, la frustration de ne pas partir en temps voulu et l\u0092envie d\u0092arriver en Nouvelle-Cal\u00e9donie, c\u0092est avec une certaine excitation que nous entamons cette deuxi\u00e8me partie de travers\u00e9e du Pacifique. Celle-ci sera bien plus courte que la premi\u00e8re avec ses 2400 mn (contre 3300 pour la partie 1) et nous serons aussi moins loin des c\u00f4tes puisque nous traverserons l\u0092archipel des Tonga et passerons au large de Niue et des Fiji.<\/p>\n<p>Le vendredi du d\u00e9part, le 17 juin, nous ne nous pressons pas. Nous profitons de nos derniers moments \u00e0 la marina pour prendre une douche, contacter nos familles et surtout: regarder la demi-finale du top 14 entre Toulouse et Castres. Bien s\u00fbr, Lucas est pour Castres et \u00c9milien et moi sommes plut\u00f4t pour Toulouse. Le match est serr\u00e9 et nous essayons de ne pas faire trop de bruit dans le bureau de Jean-Michel pour ne pas le d\u00e9ranger. \u00c0 la fin des 80 minutes, c\u0092est Castres qui l\u0092emporte: \u00e7a y est, Lucas est victorieux et nous pouvons partir.<\/p>\n<p>La sortie du lagon se fait sans encombre malgr\u00e9 le vent bien pr\u00e9sent. Nous prenons une passe sur la c\u00f4te Ouest plut\u00f4t large mais dont des vagues \u00e9normes se forment de chaque c\u00f4t\u00e9 pour cr\u00e9er des tubes d\u0092eau. Ces images sont impressionnantes, d\u0092autant plus que des p\u00eacheurs avec une petite embarcation p\u00eachent \u00e0 quelques m\u00e8tres de la zone des rouleaux! Un paradis du surf pour qui sait surfer sans tomber sur les coraux ac\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans cette premi\u00e8re journ\u00e9e nous avan\u00e7ons bien: 141mn parcourus! La mer est bien form\u00e9e et il y a de la houle. Les conditions ne sont pas trop difficiles ce qui permet de nous r\u00e9aclimater \u00e0 cet environnement particulier mais surtout, de tester nos bricolages. D\u0092une part la barre: tout semble tenir, mais surtout, elle est beaucoup plus douce qu\u0092avant! Il n\u0092y a plus de jeu dans la direction et donc, nous sentons mieux le bateau. Ensuite, l\u0092\u00e9tai: il tient bon. Pourtant, nous sommes toutes voiles dehors et avec du vent de travers, mais rien ne bouge. Encore heureux sinon le m\u00e2t risquerait de tomber!<\/p>\n<p>Le lendemain, nous montons d\u0092un cran puisque les conditions forcissent: 3,5m de vagues et du vent de force 6. D\u0092un coup, la vie est beaucoup moins agr\u00e9able \u00e0 bord et nous redoublons de vigilance quant \u00e0 nos r\u00e9parations. Le bateau se comporte bien mais on n\u0092est jamais trop prudent. Heureusement, tout cela ne durera pas longtemps car tout se calmera d\u00e8s le lendemain.<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, un grosse d\u00e9pression form\u00e9e au large de la Nouvelle-Z\u00e9lande avance vers l\u0092Est au Sud de notre position et \u00e9vente compl\u00e8tement notre zone. Si bien qu\u0092en 12 heures, les conditions ont totalement chang\u00e9es. Le vent qui nous vient de face est tr\u00e8s doux, donc nous avan\u00e7ons au ralenti. La houle retombe aussi ce qui devrait \u00eatre un gage de confort mais non. Pourquoi? La barre s\u0092est mise \u00e0 grincer extr\u00eamement fort. C\u0092est un bruit m\u00e9tallique strident digne des meilleurs films d\u0092horreur. Le pire, c\u0092est que nous avons beau bricoler la barre et graisser les axes, rien n\u0092y fait, le bruit reste. C\u0092est donc r\u00e9sign\u00e9s que nous commen\u00e7ons \u00e0 barrer avec nos boules Quies\u0085<\/p>\n<p>Mais ce bruit n\u0092\u00e9tait qu\u0092un avant go\u00fbt puisque par manque de vent,nous d\u00e9marrons le moteur. Le doux son du moteur diesel vient accompagner le grincement pour former une symphonie des enfers. N\u00e9anmoins, nous avan\u00e7ons \u00e0 nouveau bien et surtout, on a cru voir une baleine avec \u00c9milien! Lui aurait vu un geyser et moi juste un gros tas d\u0092\u00e9cume. \u00c7a pouvait aussi \u00eatre une vague mais l\u0092id\u00e9e d\u0092avoir vu le plus gros mammif\u00e8re du monde nous rempli de joie.<\/p>\n<p>Ces journ\u00e9es tranquilles, sans vent et sans houle, nous permettent aussi de changer nos occupations. Nous cuisinons mieux et je m\u0092essaye au gnocchi en mer, nous lisons plus facilement, l\u0092activit\u00e9 sudoku reprend et m\u00eame le sport. Malgr\u00e9 le bruit, les conditions sont tout de m\u00eame plus agr\u00e9ables. Enfin, nous profitons aussi de cette accalmie pour faire grimper \u00c9milien dans le m\u00e2t pour inspecter l\u0092\u00e9tai: rien n\u0092a boug\u00e9! Il faut tout de m\u00eame saluer les talents d\u0092acrobate du capitaine qui s\u0092est bien fait balancer en haut du m\u00e2t!<\/p>\n<p>Le calme avant la temp\u00eate. Voil\u00e0 ce qu\u0092\u00e9tait cette p\u00e9riode forte agr\u00e9able. Nous savions que le vent allait revenir mais sans penser que nous ferions un grand \u00e9cart en l\u0092espace de 12h. Nous passons donc du calme plat \u00e0 une mer d\u00e9cha\u00een\u00e9e! Des vagues de 3 m\u00e8tres, puis de 4 et enfin, \u00e0 son paroxysme, de 5 m\u00e8tres. Des rafales \u00e0 35 noeuds qui balayent le bateau et font voler les embruns sur nos corps en \u00e9quilibre. Tr\u00e8s vite, nous ne naviguons plus qu\u0092avec le g\u00e9nois et l\u0092artimon sur ris. Mais sans que nous nous en rendions compte nous tirions beaucoup sur le bateau. Les conditions sont s\u00e9rieuses et la vie \u00e0 bord devient tr\u00e8s sport. Nous passons en mode \u00ab&nbsp;survie&nbsp;\u00bb: chaque opportunit\u00e9 de se reposer est prise, nous faisons au plus simple pour les repas et nous ressortons les tenues de quart et les gilets pour man\u009cuvrer.<\/p>\n<p>La mer est gigantesque, un \u00e9norme bouillon sur lequel nous naviguons. Le bruit du vent qui siffle dans nos oreilles nous assourdis, les gerbes d\u0092eau volent partout sur le pont, les vagues roulent sur leur cr\u00eate et l\u0092\u00e9cume se forme. Cela faisait bien longtemps que nous n\u0092avions pas vu cela. La m\u00e9t\u00e9o annonce force 7 et pas de doute, nous y sommes!<\/p>\n<p>Mais de telles conditions fatiguent le Noddi. Si bien que le vendredi matin, alors que je venais de prendre mon quart, \u00c9milien m\u0092interpelle. Les conditions sont toujours plus fortes et devraient encore l\u00e9g\u00e8rement monter jusqu\u0092au lendemain. Il me dit que nous devrons probablement affaler le g\u00e9nois pour passer sur une plus petite voile d\u0092avant, probablement la trinquette. Je suis d\u0092accord avec lui mais nous n\u0092avons m\u00eame pas le temps de finir de discuter qu\u0092un gros claquement se fait entendre. Inquiets, nous inspectons visuellement le pont et l\u00e0, \u00c9milien me crie de r\u00e9veiller Lucas et que nous devons affaler le g\u00e9nois car une tige filet\u00e9e d\u0092ancrage des corni\u00e8res de fixation des haubans sur le pont s\u0092est cass\u00e9e. La situation est extr\u00eamement critique car on risque \u00e0 tout moment de perdre le m\u00e2t!<\/p>\n<p>En moins de deux, \u00c9milien roule le g\u00e9nois et fixe le bas-hauban avant en sursis sur un autre point d\u0092ancrage plus solide mais beaucoup moins bien plac\u00e9 et Lucas se l\u00e8ve. Sans voile \u00e0 l\u0092avant, il est quasiment impossible de barrer correctement. \u00c9milien d\u00e9cide donc de mettre en place l\u0092\u00e9tai largable pour envoyer le tourmentin, une toute petite voile de 5 m2 con\u00e7u pour les gros temps. Une fois qu\u0092ils ont termin\u00e9 la man\u009cuvre avec Lucas, je reprend le plein contr\u00f4le du voilier. L\u0092adr\u00e9naline fait place \u00e0 la r\u00e9flexion: nous r\u00e9fl\u00e9chissons \u00e0 ce qui s\u0092est pass\u00e9, aux solutions possibles, nous regardons les ports les plus proches pour s\u0092abriter au cas o\u00f9, \u0085 Bref, nous ne restons pas les bras crois\u00e9s et nous cherchons des plans des secours.<\/p>\n<p>La situation est critique mais reste sous contr\u00f4le. Nous avons eu de la chance et cet \u00e9v\u00e9nement nous permet aussi de nous rappeler que le Noddi, sous ses airs de brise-glace est aussi un vieux bateau. Nous avons trop tir\u00e9, mais pas plus fort que d\u0092autres fois et la casse semble plut\u00f4t provenir d\u0092une rupture \u00e0 la fatigue. Nous d\u00e9cidons donc de continuer \u00e0 avancer sur l\u0092objectif mais tr\u00e8s tranquillement.<\/p>\n<p>C\u0092est aussi \u00e7a la vie de marin: vivre avec la m\u00e9t\u00e9o changeante, les impr\u00e9vus, les coups de bols\u0085 mais tout cela en continuant d\u0092avancer en essayant de faire les meilleurs choix possible. La m\u00e9t\u00e9o annonce que cet \u00e9pisode venteux devrait commencer \u00e0 se calmer dimanche, l\u0092occasion pour nous de peut-\u00eatre retrouver du calme et d\u0092apaiser nos esprits.<\/p>\n<p>Rendez-vous la semaine suivante pour la suite de la transpacifique partie 2.<\/p>\n<p>Daily coordinates:<\/p>\n<p>&#8211; 16\u00b0 44.111&#8242; S  151\u00b0 29.145&#8242; W<br \/>\n&#8211; 16\u00b0 52.965&#8242; S  153\u00b0 56.477&#8242; W<br \/>\n&#8211; 17\u00b0 24.644&#8242; S  156\u00b0 37.467&#8242; W<br \/>\n&#8211; 17\u00b0 35.242&#8242; S  158\u00b0 15.495&#8242; W<br \/>\n&#8211; 17\u00b0 29.762&#8242; S  159\u00b0 44.509&#8242; W<br \/>\n&#8211; 17\u00b0 44.193&#8242; S  161\u00b0 50.177&#8242; W<br \/>\n&#8211; 17\u00b0 42.993&#8242; S  163\u00b0 58.203&#8242; W<br \/>\n&#8211; 17\u00b0 48.100&#8242; S  166\u00b0 11.739&#8242; W<\/p>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>| ARTICLE SANS MISE EN PAGE ENVOY\u00c9 DEPUIS L\u0092OC\u00c9AN PACIFIQUE | Encore une fois, nous revoil\u00e0 au milieu de nul part. 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